Maria Montessori & la mise en place de sa pédagogie

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Maria Montessori, première femme médecin en Italie, a développé une méthode d’apprentissage basée sur les recherches de deux médecins, Itard et Séguin, qui ont travaillé avec les enfants déficients. Elle a appliqué cette méthode pour la première fois sur les enfants normaux en 1907 (expérience de San Lorenzo). Véritable succès qui s’est fait connaître dans le monde entier.

Née en 1870, première femme à intégrer la faculté de médecine, Maria Montessori devint en 1896 la première femme médecin en Italie.

Peu après l’obtention de son diplôme, elle fut nommée assistante à la clinique psychiatrique de l’université de Rome. En visitant des asiles, elle découvrit des enfants parqués dans une pièce vide, sans rien à manipuler, et s’occupant avec des miettes de pain. Maria Montessori réalisa que la déficience mentale était plus un problème pédagogique qu’un problème médical.

Son intuition fut confirmée lorsqu’elle reprit les travaux de deux médecins français, Jean Itard et Edouard Séguin. Ces derniers sont à l’origine de méthodes pédagogiques basées sur l’observation, à destination d’enfants déficients.

Itard a développé une méthode d’éducation pour l’ouïe et réussit à faire entendre certains sourds. Il fut le premier éducateur à pratiquer l’observation de l’élève. Il s’occupa pendant 8 ans de l’éducation de l’enfant sauvage de l’Aveyron qui fut recueilli après avoir survécu quelques années dans les bois, libre au milieu des bêtes. Il avait été laissé pour mort par des malfaiteurs et s’était guéri seul.
Séguin, en partant des expériences d’Itard, a mis en place un système d’éducation pour enfants déficients : une méthode physiologique basée sur l’étude individuelle de l’élève.

En reprenant ces travaux, Maria Montessori constata que ces méthodes n’avaient pas été appliquées sur les déficients. Forte de ce constat, elle s’est occupée, entre 1898 et 1900, d’enfants déficients à Rome. Elle a fabriqué un matériel spécifique, basé sur les expériences d’Itard et Séguin, et a testé une méthode nouvelle pour enseigner la lecture et l’écriture. Elle pensait qu’il fallait « éveiller ces enfants et réveiller en eux l’homme assoupi« .

Quelques enfants déficients apprirent à lire et à écrire et se présentèrent à l’examen des écoles publiques, en même temps que les enfants normaux. Ils réussirent l’examen, égalant les enfants normaux. Maria Montessori arriva à la conclusion suivante : les déficients avaient été aidés dans leur développement psychique alors que les enfants normaux avaient été étouffés et déprimés.
Elle eut alors l’intuition qu’il fallait appliquer cette méthode aux enfants normaux. Séguin concluait un de ses ouvrages ainsi : « la méthode doit aussi être créée pour les enfants normaux et elle apportemaria montessorira la régénérescence de toute l’humanité ». Maria Montessori prit conscience de l’importance d’une œuvre qui reformerait l’école et l’éducation.

Dans cette perspective, elle suivit des cours de psychologie expérimentale et d’anthropologie pédagogique à l’université de Rome. En parallèle, elle étudia les maladies nerveuses infantiles et publia les résultats de ses recherches dans les revues spécialisées. Elle devint professeur d’anthropologie à l’université de Rome en 1904 pendant 4 ans et conférencière à partir de 1906. Elle travailla également dans les cliniques et hôpitaux de Rome et eut également une clientèle privée.

Expérience de San Lorenzo : première « Maison des enfants »

C’est l’intuition qui nous a amenés à la création d’une école spécialisée et à inventer une nouvelle méthode d’éducation. […] Tout ce qui est nouveau doit émerger grâce à sa propre énergie.
Maria Montessori

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En janvier 1907, la première « Maison des enfants » naquît dans une bâtisse populaire du quartier de San Lorenzo. Le but étant d’occuper les enfants d’ouvriers afin qu’ils ne dégradent pas les lieux. Maria Montessori y vit une occasion rêvée de montrer que la méthode développée pour les enfants déficients pouvait être appliquée aux enfants normaux.

Ne pouvant s’occuper elle-même à plein temps des enfants, elle fit nommer une personne sans formation d’enseignante. Elle fit fabriquer des tables et des chaises à taille d’enfants, ajouta des petits fauteuils et mit à disposition des enfants le matériel spécifique concernant les exercices de vie pratique et d’éducation des sens.

Au mois de septembre, poussée par les enfants qui lui demandèrent de leur apprendre à lire et à écrire, Maria Montessori fabriqua un matériel spécifique : lettres rugueuses, alphabet mobile en papier… Les apprentissages rendaient les enfants très enthousiastes , ils poussaient des cris de joie à chaque découverte.
Au mois de décembre, deux enfants de 4 ans se mirent spontanément à écrire, ce qui entraîna une profusion de joie chez leurs camarades. Maria Montessori assista à l’explosion du langage écrit, activité inépuisable. Les enfants, qui avaient entre 4 et 5 ans, écrivaient partout (murs, portes, miches de pain).
6 mois plus tard, ils commencèrent à comprendre la lecture en l’associant à l’écriture, la maîtresse leur écrivait des mots sur des bouts de papier qu’ils essayaient de lire mentalement. Quand ils avaient compris, un sourire décrispait leurs traits d’effort ou un petit saut les détendait.
Ensuite, ils se mirent brusquement à lire tout ce qui était imprimé. Ils ne s’intéressèrent aux livres que bien plus tard.

Au delà des impressionnants progrès dans les apprentissages, le métabolisme et les fonctions physiques des enfants avaient été améliorés.Bien que sous alimentés et anémiques, ils avaient l’air désormais bien portant alors que rien n’avait été fait pour modifier leur condition physique.

L’expérience réussie de San Lorenzo fit vite parler d’elle et les visiteurs affluèrent de tous pays pour venir observer les enfants.

Ainsi, l’expérience s’élargit à plusieurs écoles à Rome et Milan, puis dans d’autres pays.maria montessori

La méthode montessorienne révèle un « enfant nouveau ». Des livres paraissent qui démontrent que l’enfant naît bon, qu’il se fatigue d’être inactif, que, de lui-même, il cherche à élargir ses connaissances, qu’il est capable de coopérer avec ses aînés et de vivre en parfaite harmonie avec chacun.
Extrait « Maria Montessori, Sa vie, son œuvre » de Edwing Mortimer Standing, p. 43 et 45.


Sources: cette page a été rédigée à partir des ouvrages suivants:
« Maria Montessori, sa vie, son oeuvre » de Edwing Mortimer Standing,
« Pédagogie scientifique tome 1: La maison des enfants » de Maria Montessori.

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